Dimanche 25 septembre 2011
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On pouvait difficilement passer à côté, l'événement cinématographique de cette année 2011 est Harry Potter et les Reliques de la Mort: 2ème Partie. Ce n'est pas tant par sa qualité que le film marque (quoique je l'ai personnellement beaucoup aimé) mais parce qu'il marque la fin d'une saga qui s'est étalé sur une décennie pour ce qui est des films et sur presque deux fois plus de temps si on considère les romans de J.K Rowling. Harry Potter est un phénomène parce qu'il condense les peurs et les aspirations de notre génération, son besoin d'évasion, son rejet de la réalité et même son sombre héritage historique pour ce qui nous concerne nous les européens car, ne l'oublions pas, Harry Potter est aussi devenu une parabole sur la montée du nazisme et sur la seconde guerre mondiale qui en découle. C'est un aspect parfaitement mis en avant par David Yates dans les 4 épisodes qu'il a signé et tout particulièrement dans ce dernier film où Voldemort et ses troupes sont très présent et c'est ce qui me donne à penser qu'il est le meilleur metteur en scène pour cette saga.
Mais reprenons les choses dans l'ordre si vous le voulez bien. A la fin des Reliques de la Mort on assistait à l'enterrement de Doby tendis que Voldemort mettait la main sur la plus puissance des baguettes magiques devenant ainsi virtuellement invisible. Le premier film était désespéré, et cette suite en est donc le parfait contre-poids puisque les personnages reprennent enfin du poil de la bête. En cela la coupure en deux films faites pour des raisons financières a tout de même été bénéfique au film puisque Yates est parvenu à faire deux long métrages qui s'équilibrent l'un l'autres et qui sont pourtant très différents. La première partie était intimiste, presque dénué de magie et limite auteuriste. Cette suite n'en sera que plus dynamique, violente, fantastique et spectaculaire. J'avoue n'avoir de préférence ni pour l'une ni pour l'autre. Les deux épisodes fonctionnent mais c'est bien la cohérence de la démarche, du scénario et des changements opérés dans la mise en scène que je salue ici.
Comme je le disais dans ma critique de la première partie, le dernier tome des romans Harry Potter est loin d'être mon préféré. Il est trop lent et peu passionnant dans sa première puis trop rapide et trop confu dans sa seconde partie. Pourtant à l'écran les choses s'arrangent, Yates dynamisa la première partie du récit et en fit un film plus sensible, et pour cette seconde partie il instaure des pauses, gère mieux le rythme et le déroulement du récit sans en briser l'unité. A ce titre les plus belles scènes du récit en sont sublimés, elles ont plus d'impact et la direction artistique reste toujours aussi inspirée. Seul l'épilogue déjà mauvais dans le roman reste maladroit dans le film. Hormis cela Harry Potter et les reliques de la mort reste un modèle d'adaptation.
Enfin ce que je disais concernant le jeu des acteurs dans la première partie se confirme bien évidemment ici même si, action oblige, les personnages sont en retrait. Daniel Radcliffe est devenu un acteur tout à fait convaincant et Emma Watson ne cesse de m'étonner depuis que Yates a reprit la saga en main. Dénué des défauts du 5ème et surtout du 6ème épisode mais empli de leur qualités respective ce dernier film achève sur une très belle note une saga qui n'est pas parfaite mais qui a su respecter son public et a vu des réalisateurs de talent se succéder. C'est la fin d'une époque et malgré la qualité du film c'est peut être cette réalisation là qui me marquera le plus.
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Mine de rien Bad Teacher est l'une des comédies que j'attendais le plus cette année. D'une part parce que j'adore Cameron Diaz et d'autre part parce que le scénario avait l'air osé. Bad Teacher est en effet l'histoire d'une femme forcé d'enseigner après que son riche fiancé l'ait plaqué. En quête d'une nouvelle proie elle jette son dévolue sur un jeune héritier (Justin Timberlake) et décide de s'offrir de nouveaux seins pour le séduire. Mais la chirurgie esthétique...ça coute chère!
En marge des nombreuses comédies romantiques sur des filles adorkables (comprenez adorables mais un peu folle, comme Emma Stone, Zooey Deschanel et toutes les nouvelles icônes du genre) Bad Teacher à décidé de surprendre un peu. Pour l'occasion Cameron Diaz s'éloigne des rôles d'ingénues qui ont fait son succès et se transforme en vrai garce. Alors certes le personnage va un peu évoluer, tomber amoureux et découvrir qu'il y a plus dans la vie que l'argent mais au moins elle ne se trahît pas. Elle reste du début à la fin une garce, trop franche, égocentrique et amorale. Tout l'humour du film vient donc de sa capacité à se jouer de la morale, alors que Elizabeth passe en boucle des films "appropriés" à ses élèves (esprit rebel, scream...) pendant qu'elle cuve son vin avant d'aller fumer des pétards dans sa voiture quand elle n'est pas en train d'organiser une tricherie de masse pour transformer sa classe de loosers en jeune premiers afin d'empocher la prime d'éducation.
Dommage donc que la comédie de Jake Kasdan reste si convenu en ce qui concerne le fil narratif. Le film, pourtant plein d'audaces dans les gags, n'ose jamais trop s'éloigner des codes du genre, emprisonnant le spectateur dans un récit certes drôle mais trop convenu. On en retiendra donc le personnage principal complètement amoral, une Cameron Diaz très convaincante et jamais en roue libre malgré un rôle qui s'y prête facilement et un Justin Timberlake toujours près à se ridiculiser dans des rôles absurdes. Un bon moment donc, et c'est toujours ça de pris!
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Alors qu'on a vu beaucoup de prétendant au titre de meilleur film de l'année ces derniers mois, il y en a aussi quelques uns qui semblent concourir pour une tout autre récompense: le prix du nanar de l'année. Et parmi les candidats je dois avouer que Colombiana est mon petit favoris cette année. La nouvelle production de Luc Besson est un tel concentré de bêtise et de ridicule qu'elle mérite qu'on se souvienne d'elle!
Luc Besson on connait la chanson. Il y a une petite dizaine d'année il comptait parmi les réalisateurs français les plus intéressants. Il faisait des films populaires mais n'ont dénué d'intelligence et qui tournaient presque toujours autour de personnages féminins d'envergure. On peut clairement dire que son cinéma est féministe, il a en tout cas créer ou repris des icônes du genre tel que Leloo, Jeanne d'Arc ou bien sûre Nikita. Après cela il s'est égaré entre réalisations médiocres et productions toutes plus mauvaises (mais rentables!) les unes que les autres. Colombiana devait entrer dans cette seconde catégorie mais son personnage m'a fait pensé aux héroïnes que le réalisateur chérissait tant et j'ai fini par craquer.
Il n'y a pourtant rien à sauver ni rien qui rappelle les bons films de Luc Besson dans Colombiana. Le film est réalisé par Olivier Megaton qui avait signé Transporteur 3, film d'action moyen mais qui avait l'intelligence de ne pas se prendre au sérieux. On n'en dira pas autant pour Colombiana qui n'a soit pas peur du ridicule, soit pas conscience de l'être. Le film part en vrille au moment où l'oncle de la jeune orpheline s'énerve parce qu'elle veut devenir une tueuse. Il sort un pistolet et se met à tirer partout en disant "c'est ça que tu veux faire?" puis se lance dans un monologue comme si de rien n'était. S'ensuit des séquences larmoyantes avec musique espagnol en fond, une combinaison tellement ridicule qu'on ne l'utilise que dans les parodies des tele-novela et dans les films Grindhouse, et des séquences d'actions sans enjeux, sans tension, plate, téléphonés et lourdes (mention spéciales aux grenades qui "enflamment" littéralement les couloirs d'un immeuble). La seule scène réussit du film me semble être celle du début durant laquelle Colombiana assassine un détenu dans un commissariat, le reste n'a aucun intérêt ou presque.
Quand au personnage lui même il n'est guère plus intéressant. Zoe Saldana n'est pas une mauvaise actrice mais son personnage est dénué de personnalité et ne repose finalement plus que sur la plastique de son interprète. Il y aurait eu des choses à raconter, mais le film n'a que faire de la psychologie de ses personnages et préfère enchainer les scènes d'actions mal réalisés et les dialogues mal écrits. Plat, sans intérêt, mal écris et inconscient d'être ridicule, Colombiana me semble bien parti pour être élu pire film de l'année. Le film devrait néanmoins faire plaisir aux amateurs de nanars.
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Si j'ai voulu voir Case départ c'est surtout pour son casting: Fabrice éboué et Thomas Ngigol, deux humoristes qui n'ont pas leur langue dans leur poche et qui me semblaient capable de rendre intéressant une comédie au scénario aussi casse-gueule. Peine perdue.
Pour vous livrez un bref résumer de ce film qui ne fera pas date dans l'histoire du cinéma et que j'aurai moi aussi oublier d'ici quelques mois, Case départ c'est l'histoire de deux demi-frère qui se rendent à l'enterrement de leur père et reçoivent en héritage l'acte d'affranchissement qui rendit leur liberté à leur ancêtre esclave. Déchirant la lettre dont ils n'ont que faire ils sont punis et envoyé dans le passé par une vieille tante un peu sorcière et découvrent l'esclavage de leur propre yeux.
De ce pitch digne de l'épisode de noël d'une série télé, je retiendrais quelques gags, quasiment tous présent dans la bande annonce et qu'on doit toujours au décalage entre ces hommes du XXIème siècle et l'horreur de la situation de leur ancêtre. L'humour noir est osé mais tout de même assez limité et on finit rapidement par tourné en rond dans un film qui manque d'enjeux narratifs et se reposent uniquement sur des clichés prévisibles.
Pour compléter le tableau la mise en scène est inexistante. Les Antilles n'ont semble-t-il pas du tout inspirer le réalisateur qui nous réserve une photographie souvent très moche, des décors pauvres et des reconstitutions digne d'un mauvais télé-film de M6. Case départ n'a ni les moyens ni l'ambition d'un long métrage de cinéma. Si le film vous intriguez vous pouvez vous contenter de visionner la bande annonce et de passer votre chemin, Case départ est inintéressant et mal filmé. Un mauvais film, tout simplement.
Dimanche 25 septembre 2011
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On doit au britannique Joe Wright deux films à succès: Orgueil et Préjugés que je n'ai pas encore vu et Reviens-moi, superbe adaptation du Best-seller anglais Atonment avec Keira Knightley et Saoirse Ronan qui compte parmis les meilleurs films du genre. Après s'être fait connaître avec des drames d'époques, Wright change pourtant complètement de genre et s'essaye au thriller en collaborant à nouveau avec la jeune Saoirse Ronan pour un résultat atypique, mais intéressant.
Hanna raconte l'histoire d'une jeune fille élevé par son père, un ex-agent de la CIA, en marge de la société. Il l'entraine pour devenir une tueuse redoutable afin qu'elle puisse venger la mort de sa mère en élimant Marissa Wiegler qui les a trahis bien des années auparavant. Mais quand la tentative d'assassinat échoue Hanna se retrouve à errer sur les routes entre le Maroc et l'Allemagne avec une bande de tueur aux trousses.
Le récit est dense, très dense même mais toujours passionant, en grande partie parce que Wright privilégie toujours l'action aux dialogues évitant les pièges du film d'espionnage bavard. Hanna flirte avec les genres et le résultat est on ne peut plus baroque. On est forcément surpris quand s'enchaîne une scène minimaliste dans les plaines de sibérie avec une évasion d'une prison souterraine dans le désert marocain filmé de façon épileptique avec la musique des Chemical Brothers en fond...et puis au fur et à mesure on s'y habitue. Wright essaye beaucoup de chose, varie sa façon de filmer poursuites et scènes d'actions et livre un film qui ne fonctionne pas toujours à 100% mais emplie d'une vraie volonté artistique qui fait clairement défaut à beaucoup de film d'espionnage et qui permet à Hanna de prétendre à plus qu'au statut de série B.
Hanna, le personnage cette fois, est un personnage intéressant mais qui fait parfois trop penser au Terminator de James Cameron. On retrouve d'ailleurs les mêmes lourdeurs dans les dialogues entre la jeune fille et les adolescents qu'elle cotoient durant son voyage et qui l'aideront à prendre conscience de son humanité. Pourtant Saoirse Ronan est une bonne actrice, parfaitement capable d'appréhender les rôles sombres (comme elle l'a prouvé dans Lovely Bones) et elle donne à son personnage une beauté singulière, et un magnétisme animal fascinant.
Imparfait, Hanna n'en reste pas moins une brillante et honnête tentative artistique dans un genre souvent trop cadrillé par des règles de mise en scène lourde. Joe Wright livre un film singulier, passionant et plein de maladresse. Un film qui mérite le détour.